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Message pour la campagne du Bâtonnat 2016

1 000 raisons de me présenter dont une impérative

Je feuilletais il y a quelques semaines une revue de presse qui rendait compte de l’élection au bâtonnat de l’an dernier.

Prenez votre respiration…. Lisez bien.

« Pourquoi vouloir à tout prix devenir bâtonnier ? Le prestige, bien sûr. Mais le fauteuil promet aussi des indemnités qui ne sont pas à négliger : autour de 220 000 euros annuels, auxquels s’ajoutent la voiture et le gyrophare de fonction, les appartements privés place Dauphine, l’une des plus belles places de Paris, et une prime de départ de 90 000 euros. L’aura du poste tient aussi aux hochets dont le bâtonnier dispose. A commencer par un contingent de décorations dont le petit monde des avocats raffole. Sans parler des postes rémunérés de secrétaires de commission à distribuer à ses fidèles soutiens… Dans son budget annuel, l’Ordre des Avocats de Paris dispose encore d’une enveloppe tournant autour des 5 millions d’euros » (L’express).

« Le soutien des cabinets d’affaires internationaux (environ 25 % du corps électoral), pèse lourd. Dans certains cabinets, il n’est pas rare que, le jour de l’élection, les secrétaires récupèrent les cartes d’électeur et les codes des collaborateurs afin de voter à leur place pour un candidat choisi par la direction » (L’Obs).

«Quand on voit les moyens mis en place, on se dit que c’est vraiment la loi du plus fort qui régit la campagne» (L’opinion).

« Les chiffres évoqués laissent songeur : si les estimations tournent autour des 100 000 euros, les frais engagés par certaines équipes pourraient dépasser les 200 000 euros. C’est beaucoup plus cher qu’une campagne pour être élu député … Si certains dépensent de telles sommes, c’est qu’ils en attendent un retour sur investissement, assez éloigné de l’intérêt général » (L’Obs).

« Pourtant, les quelque 7 000 avocats parisiens qui gagnent moins de 36 000 euros par an contemplent cette compétition d’ego hypertrophiés avec des yeux ronds : Entre 50 000 et 300 000 euros pour une simple élection professionnelle ! Quel est le retour sur investissement ? » (Le Point).

C’est sans doute un travers du journalisme contemporain que de prêter à ceux qui briguent un mandat des motivations et des calculs médiocres.

Il reste que les auteurs de ces articles n’ont pas inventé de toutes pièces ces anecdotes et ces chiffres. Ni tiré de leur imagination ce portrait cruel et ce diagnostic implacable sur la dérive oligarchique et l’état moral de notre Ordre.

En relisant ces coupures de presse, j’ai tour à tour été envahi par la tristesse, la honte et, c’est vrai, le désir d’en découdre.

J’ai 1 000 raisons de me présenter au bâtonnat, et je les déclinerai tout au long des prochaines semaines, mais il en est une qui est impérative : j’aimerais, si vous m’en donnez les moyens, moraliser nos instances ordinales, rétablir un minimum d’égalité de traitement pour nos 29000 consœurs et confrères. Bref : restaurer la dignité de notre Barreau.

J’oubliais : je prends solennellement l’engagement de diviser par trois ma rémunération pendant les deux années de mon mandat. Voilà. C’est dit.