Charte des engagements personnels : Y souscriront-ils ?

Vous êtes en droit d’attendre de votre bâtonnier qu’il soit désintéressé, impartial et disponible.

Désintéressé. Cela devrait aller de soi.

Impartial. C’est bien le moins.

Disponible. C’est à dire accessible.

Nous sommes là dans le registre des comportements personnels, de l’éthique, de la sobriété.



Je réitère, dans ce domaine, les engagements suivants.

Sobriété

  • Je diviserai par trois ma rémunération de Bâtonnier
 pendant la durée de mon mandat.
  • Je réduirai drastiquement le train de vie du Bâtonnier : limousines, cartes de crédit, voyages, personnel de maison, restaurants et appartements privés occupant une large part de la Maison du Barreau…
  • Je renoncerai aux attributions quasi-féodales du bâtonnier, notamment à l’usage pernicieux consistant à distribuer discrétionnairement avantages, postes et décorations.

Impartialité

  • Je soumettrai à appels à candidatures le recrutement des chargés de mission dont les derniers bâtonniers se sont entourés sans compter.
  • Je renoncerai à l’exercice de la fonction d’autorité de poursuite. Le bâtonnier de l’ordre ne saurait être à la fois le confident naturel de ses confrères et leur accusateur public.
  • Je serai intraitable quant à l’impartialité des procédures disciplinaires.
  • Je serai intransigeant quant aux conflits d’intérêts au sein du Conseil de l’Ordre.
  • Je publierai une déclaration d’intérêts, incluant : responsabilités électives ou associatives ; nature des intérêts dont mon cabinet est en charge, dans le strict respect du secret professionnel ; contrats en cours avec l’état ou un opérateur de l’État.

Accessibilité et proximité

  • Je me rendrai disponible pour recueillir les doléances et les confidences des confrères. Celles des sans grade comme celles des notables, des débutants comme des célébrités. Renouant avec les pratiques des bâtonniers d’autrefois, ma porte leur sera ouverte.
  • Je quitterai l’actuel bureau somptueux dévolu jusqu’alors au Bâtonnier. Me privant des lambris, dorures et toiles de maître, je suivrai naturellement mes confréres, aux « Batignolles ». Tant pour y installer un bureau à taille humaine que pour y réunir le Conseil de l’Ordre.

Ces engagements sont des choix personnels.

Leur respect ne requiert ni loi, ni décret, ni modification du Règlement intérieur.

Mes compétiteurs multiplient les propositions quant aux actions qu’ils se proposent de conduire. Ils se font plus discrets sur la manière dont ils entendent exercer la fonction de Bâtonnier.

Je leur soumets cette Charte.

Les avocats parisiens peuvent légitimement attendre de tous les candidats au Bâtonnat qu’ils y souscrivent. Le feront ils ?

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