Remise prochaine des Trophées de la campagne Bâtonnat 2016

1) C’est le tandem Peyron-Ader qui remporte cette année, haut la main, avec la vidéo Ce que pensent les femmes, le Trophée du clip publicitaire le plus luxueux et le plus onéreux de la campagne pour le Bâtonnat.

Un trophée d’autant plus mérité que certains esprits ont cru percevoir dans cette vidéo un petit relent de sexisme ordinaire. Cette polémique est odieuse. S’il y avait du sexisme dans cette vidéo, il était involontaire. Comme son humour, d’ailleurs.

2) Le tandem Cousi-Roret, pour sa part, remporte le Trophée de la pugnacité numérique.

On doit au Bâtonnier Sicard d’avoir permis aux candidats de s’adresser aux avocats par le biais d’une vidéo. Et ce, dans des conditions de stricte égalité : pour le tournage, le montage et la diffusion. Un heureux antidote à la disproportion de moyens dont disposent les candidats.

On peut imaginer le désarroi des communiquants du duo Cousi-Roret quand ils se sont rendu compte que leur vidéo officielle affichait sur DailyMotion un nombre de vues inférieur à celui des autres candidats.

Le 11 novembre, le compteur de DailyMotion enregistrait 1 658 vues pour la vidéo Cousi-Roret. Dans la nuit du 16 novembre, le nombre de vues bondissait à 11 484 vues. Près de 9 000 vues en une nuit !!! Avec un sens aigu de la réactivité, les consultants numériques de l’équipe ont probablement fait appel (comme l’avaient fait ceux de Donald Trump) à des tâcherons du click : des sous-traitants recrutés sur des plateformes d’intermédiation de micro-travail. Vite fait, bien fait. Et ce pour un budget plus que raisonnable. Ni vu, ni connu. Enfin, si, quand même.

3) Le Trophée du slogan de campagne le plus percutant revient au duo Cousi-Roret : « Pour un ordre qui déménage ». Une formule-choc, qui, on l’aura compris, suggère le mouvement, tout en faisant trés subtilement allusion à la future installation de la Maison de l’Ordre des avocats sur le parvis de la Cité Judiciaire.

L’annonce aussi, peut être, d’une nouvelle extension du périmètre de la profession. Après les avocats-agents sportifs et les avocats mandataires en transaction immobilière, la voie serait désormais ouverte pour l’avocat-déménageur. L’expertise juridique et la déontologie de l’avocat apporteront une garantie de confidentialité aux délicates opérations de déménagement comme la mise en cartons des dossiers, le conditionnement du matériel informatique ou encore l’effacement des fichiers.

4) Trophée de la gastronomie électorale. Les campagnes des années précédentes avaient habitué les avocats parisiens à de somptueux cocktails. L’an dernier, une soirée « jazzy » avait attiré près de 500 personnes sur une péniche du 6e arrondissement alors qu’un autre candidat recevait à la Pinacothèque. « Une bonne partie de la jeunesse dorée du barreau d’affaires était là pour afficher son soutien aux candidats » (le Point). Les festivités organisées par les tandems Cousi-Roret et Peyron-Ader ont atteint cette année des sommets de sophistication, qu’il s’agisse du champagne ou des petits fours. A tel point qu’il s’est révélé impossible de les départager ! Ces deux binômes se partageront donc, en 2016, ex æquo, le Trophée de la gastronomie électorale.

5) La diffusion par le tandem Cousi-Roret de cinq dessins animés au début de l’été ne laissait aucun doute sur sa volonté d’insuffler un vent de modernité dans cette campagne. Soucieux de présenter de manière vivante et pédagogique les grands enjeux de cette élection, le tandem a joué sur toute la palette des effets visuels. Au total, depuis six mois, il aura soumis aux avocats parisiens pas moins de neuf infographies. Elles ont totalisé 1 900 vues au total sur YouTube (200 vues par dessin animé !!!).

Avec un ratio investissements/audience quelque peu décevant, le tandem Cousi-Roret réalise le tour de force de remporter deux trophées supplémentaires : celui de l’innovation. Et celui, amplement mérité, du gaspillage de moyens financiers.

 

A noter que les Trophées sont attribués aux candidats, et non aux agences de communication qui les conseillent et les accompagnent, tout en restant dans l’ombre.

Merci encore et bravo aux agences et à leurs équipes qui ont rivalisé de créativité pour la conception des slogans, des infographies et des clips. Et des programmes.

Lire aussi à ce propos la revue de presse de l’élection du Bâtonnier de Paris en 2015 : comment a-t-on pu en on arriver là ?

 

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