Avenir de la profession

Malmenée, bousculée, notre profession dispose d’atouts essentiels face à la concurrence des autres professions du droit ou du chiffre, comme face à l’irruption des Legal Techs : l’Indépendance, le secret professionnel, la déontologie, la formation, la responsabilité civile professionnelle.

Je suis toujours étonné que nos instances acceptent, voire proposent, d’affaiblir nos règles déontologiques pour étendre nos parts de marché et ouvrir la profession a de nouvelles activités.

Je trouve étrange que certains de nos représentants défendent farouchement, d’une main, le secret professionnel face aux tentatives diverses d’en réduire la portée (je pense à la directive antiblanchiment) tout en s’apprêtant, d’une autre main, à le démembrer avec l’instauration d’un secret professionnel à deux vitesses ou la création d’une nouvelle profession réglementée.

Ces spécificités, ces règles de la profession, au lieu de les diluer, nous gagnerions, collectivement, à les affirmer et les valoriser.

Je ne sous-estime pas, pour autant, les défis que notre profession doit relever.

Le défi de la marchandisation du droit, en premier lieu. Celle-ci entraîne l’instauration d’une sorte de dualisme entre un petit nombre de firmes de très grande taille et une multitude de cabinets de petite taille. Les positions acquises par les plus grandes structures ne permettent pas à des cabinets, même performants, de grandir.

La transition numérique, cela va de soi. La profession n’est pas en pointe quant à l’usage qu’elle fait du numérique dans les relations avec les clients. Elle s’expose au risque que des nouveaux venus comblent son déficit de proximité numérique avec ses clients. Alors que les Legal techs rivalisent d’inventivité pour servir et anticiper les attentes de la profession, le Conseil de l’Ordre doit accompagner les cabinets dans leur transition numérique et encourager l’innovation.

La mobilité, enfin. Les avocats, dans l’avenir quitteront le Barreau, pour exercer quelques années dans l’entreprise ou l’administration, ou dans des professions connexes, avant d’y revenir. Pour le quitter, à nouveau. Ces allers-retours élèvent leur niveau de compétences en même temps qu’ils enrichissent la profession. J’ai moi-même passé deux ans dans une organisation internationale : comme représentant permanent de la France à l’OMC, j’ai vécu la montée en puissance de l’organe de règlement des différends (ORD). J’y ai beaucoup appris.

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