Avocat en entreprise

L’avocat en entreprise a été écarté lors de l’examen du projet de loi Macron mais le débat rebondira.

Les juristes d’entreprise reviennent à la charge pour se voir confier le legal privilege. 

Je trouve étrange qu’une partie de la profession défende farouchement, à juste raison, le secret professionnel face aux tentatives diverses d’en réduire la portée (je pense à la directive antiblanchiment) tout en s’apprêtant, d’une autre main, à le démembrer avec l’instauration d’un secret professionnel à deux vitesses ou la création d’une nouvelle profession réglementée.

Les avocats, dans l’avenir quitteront le Barreau, pour exercer quelques années dans l’entreprise ou l’administration, ou dans des professions connexes, avant d’y revenir. Pour le quitter, à nouveau. Ces allers-retours élèvent leur niveau de compétences en même temps qu’ils enrichissent la profession.

C’est déjà le cas : nombre d’avocats quittent l’exercice libéral pour entrer en entreprise. Et inversement, nombre de juristes d’entreprise en fin de carrière s’inscrivent au Barreau (beaucoup ayant passé le CAPA) et rejoignent des cabinets d’avocats comme « counsel ».

J’ai moi-même passé deux ans dans une organisation internationale : comme représentant permanent de la France à l’OMC, j’ai vécu la montée en puissance de l’organe de règlement des différends ORD). J’y ai beaucoup appris.

Les régimes de retraite doivent favoriser la mobilité, tant professionnelle que géographique : pour les avocats comme pour l’ensemble des professions.

S’agissant de l’avocat domicilié, je trouverai tout à fait admissible que des avocats se domicilient, à titre secondaire, voire même principal, dans des incubateurs, des pépiniéres ou des espaces de coworking, pour se rapprocher de leurs clients.

La domiciliation dans une entreprise particulière m’apparaît, en revanche, plus problématique.

 

1 réflexion sur « Avocat en entreprise »

  1. Ancien general counsel d’Unibail Rodamco, je partage votre vision sur les « avocats » en entreprise, c’est un vrai plus pour eux et pour la profession notamment quand ils retournent au barreau.Enfin des conseils pragmatiques qiui apportent des solutions et n’écrivent pas des notes trop longues et où le client à la fin de sa lecture sait clairement ce qu’il doit faire.

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