Lettre aux sceptiques

Vous faites peut-être partie des 43 % d’avocats qui, selon l’IFOP, n’ont eu aucun contact avec l’Ordre. Et des 83 % qui ne prennent plus la peine d’ouvrir le Bulletin du Barreau.

Il n’est pas difficile de comprendre les raisons qui tiennent une large majorité d’avocats à l’écart des instances de l’Ordre et de ses élections incessantes. Qui ne se sentent pas concernés par l’élection du Bâtonnier.

Je comprends trop votre scepticisme. Il m‘incombe de le surmonter.

1. L’élection du Bâtonnier est une affaire interne au sérail, aux coteries qui dominent le Barreau

Faux. Cette élection vous concerne. Le Bâtonnier dispose de pouvoirs biens réels.

Il gère, avec le Conseil de l’Ordre, un budget de 60 millions d’euros par an et 180 salariés. Il est à la tête d’une caisse dont l’encours dépasse le milliard d’euros. Il préside une Université de prés de 2000 étudiants.

Il a en charge tout un écosystème d’institutions : CARPA, Incubateur, Institut de Droit Pénal, Conférence du Barreau de Paris …

Il organise le bureau pénal.

Il veille au respect de la déontologie et dispose d’un pouvoir de sanction.

2. Les sujets qui agitent nos instances ordinales n’ont pas grand-chose à voir avec les difficultés que je rencontre

Pas faux. Mais nullement fatal.

L’Ordre, il est vrai, prête une attention lointaine, au mieux compassionnelle, à la précarisation de la profession, aux inégalités qui se creusent.

Les sujets de préoccupation pourtant ne manquent pas : aide juridictionnelle en panne, difficultés croissantes pour l’installation, perte progressive de substance de la notion de collaborateur libéral…

Si les Bâtonniers se préoccupent aussi peu des conditions réelles d’exercice du métier par la majorité d’entre nous, pourquoi se préoccuper de faire le tri parmi les candidats ?

Cet éloignement des instances ordinales, ce fonctionnement en circuit fermé, ne sont pas une fatalité. C’est tout le sens de ma candidature.

Bien à vous

Jean-Louis Bessis

Avocat, professeur des Facultés de droit

 

 

PS : j’ai rédigé, à votre intention, un vade-mecum de de l’élection du Bâtonnier. J’y réponds à quelques questions élémentaires pour vous permettre de prendre part, en toute connaissance de cause, à l’élection du Bâtonnier.
·      Finalement, le 29 novembre : on élit qui ?
·      Le Dauphinat, c’est quoi ?
·      Combien de candidats ? Comment les classer ou les distinguer ?
·      Qu’est ce qui vous distingue de vos compétiteurs ?
·      Quelle est la répartition des pouvoirs entre le Bâtonnier et le Conseil de l’Ordre ?
·      Est-il nécessaire de concourir avec un vice-bâtonnier ?
·      Les dépenses de campagne sont-elles plafonnées ?
·      La fonction de Bâtonnier expose à toutes sortes de conflits d’intérêts. Comment les prévenir ?
Vade-mecum de de l’élection du Bâtonnier